« Encore raté ! » 44ème SESSION

« Encore raté ! »
43e SESSION DE
SEMINAIRES-RENCONTRES
DE L'ENFANCE 2020

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Saviez-vous que l’enfant tombe deux mille fois avant de marcher ? Que le premier livre de la saga d’Harry Potter de J.K. Rowling a attendu deux ans et dix refus avant d’être publié ? Qu’Albert Einstein était en échec scolaire ?
Tout le monde est assez d’accord avec l’idée qu’il nous faut rater un certain nombre de choses pour apprendre. Il y a les échecs qui nous font bifurquer, ceux qui nous font persévérer et ceux qui révèlent nos désirs inconscients. Tous nous enseignent l’humilité, la patience et l’indulgence et peuvent nous permettre de grandir, pour autant que nous puissions distinguer l’échec de notre projet de celui de notre personne. Vivre son échec, sans être soi-même en échec ; assumer la responsabilité de son échec sans s’identifier à lui. Et aussi vivre des succès, à la suite de cet échec.
« Tu n’as cessé d’essayer ? Tu n’as cessé d’échouer ? Aucune importance ! Réessaie, échoue encore, échoue mieux », disait Samuel Beckett.
Notre système éducatif traditionnel tient pourtant peu compte des vertus de l’échec ; se tromper, échouer devrait être considéré comme un acte nécessaire, normal et formateur. En éducation, d’un côté il y a celle « à la dure » qui risque de renforcer les difficultés et peut-être blesser psychologiquement l’enfant et de l’autre, l’éducation surprotectrice qui empêche toute expérience et ne permet pas l’édification de la confiance en soi. Entre ces deux extrêmes, une palette de nuances…. Comment vivons-nous ces expériences de ratages ? Avec jugement, peur, colère ou avec confiance ?
Pour autant, personne n’aime se tromper, rater, échouer. Parce que le risque est grand de se sentir nul. Parce que cela nous confronte à nos propres limites ou celles extérieures à nous. Rater, c’est aussi se ramasser une claque. Notre société de la performance n’aime pas l’échec et est prête à tout pour l’éviter, l’atténuer, le dissimuler. Parce que rater dans une société néolibérale, rime aussi avec stigmatisation, exclusion et pauvreté. Alors, comment réhabiliter les ratages dans le développement de l’enfant, dans la construction du lien parental, dans le travail du professionnel de l’enfance ? Comment changer notre regard sur l’erreur et l’échec ? L’enjeu n’est-il pas de construire une société plus solidaire et inclusive ?
C’est ce que nous vous convions à explorer tout au long de cette 44e Session.